L'avancée du plan Très Haut Débit pour 2020 compromis



Le plan Très Haut Débit visant à couvrir l’intégralité de l'Hexagone en réseaux très haut débit d’ici 2022, a du plomb dans l'aile. En cause, la pénurie de fibre optique censée raccorder les abonnés à Internet.

Cinq départements de Bourgogne-Franche-Comté, inquiets de la "pénurie de fibre optique au niveau mondial", craignent de ne pouvoir "tenir leurs engagements" en matière de déploiement d'internet très haut débit.

"Les territoires sont touchés de plein fouet par la pénurie de fibre optique au niveau mondial", ont indiqué la Côte-d'Or, le Jura, la Nièvre, la Saône-et-Loire et l'Yonne, tous actionnaires d'une société publique chargée de déployer et commercialiser la fibre sur leur territoire auprès des particuliers.



Une pénurie mondiale due en partie à la Chine


Le problème numéro Un tient à l'explosion de la demande mondiale de fibre optique. "En 2017, la consommation mondiale a dépassé les 500 millions de kilomètres.

La Chine, qui déploie ses infrastructures télécoms de manière rapide, consomme plus de la moitié du stock.

La France, qui ne représente que 3% de la consommation mondiale, voit également ses besoins augmenter", s'alarmait fin mai 2018, le député LR de l’Ardèche Fabrice Brun, interpellant dans une question écrite, le ministre de la Cohésion des territoires Jacques Mézard.


L'envol de la demande de fibre optique a été mal anticipé


Or cette progression des besoins en fibre optique n’a pas été bien anticipée.

Le député LR souligne le fossé qui "sépare les métropoles ayant pu anticiper leurs investissements numériques -en passant des concessions avec les opérateurs- et les communes rurales qui, pour des raisons financières, n’ont pas toujours passé de tels contrats."

La réalité de la pénurie est liée au fonctionnement du marché de la fibre optique, peu élastique par rapport à la demande, comparé aux marchés d'autres produits comme le pétrole.

La complexité du processus industriel de fabrication des précieux câbles très haut débit fait que les industriels produisent pour l'essentiel à la demande. Il n'y a pratiquement pas de stocks dans les usines de fibre optique.

Ces sites satisfont en général des commandes spécifiques étalés sur des contrats pluriannuels, chaque pays ou opérateur télécoms demandeur pouvant avoir des exigences distinctes (densité du nombre de fibres par câbles, type de connectique,...).


Source : BFMBusiness - F.Bergé


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